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Don de sang et hommes gays en Belgique : où en sommes-nous aujourd’hui ? TEST 2

Publié par Simon 4 min de lecture

Donner son sang est souvent présenté comme l’un des gestes de solidarité les plus simples qui soient. Pourtant, pour de nombreux hommes gays en Belgique, ce geste reste soumis à une restriction particulière liée à leur vie sexuelle. La législation a évolué ces dernières années. Depuis juillet 2023, la période d’exclusion imposée aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes a été fortement réduite. Une avancée importante, mais qui ne signifie pas encore que tous les donneurs sont évalués uniquement sur la base de leurs comportements individuels. Alors, en 2026, un homme gay peut-il donner son sang en Belgique ?

 

Oui, mais sous certaines conditions

L’orientation sexuelle en elle-même n’interdit pas de donner son sang.

En revanche, la législation belge prévoit actuellement une période d’exclusion pour les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).

Depuis le 1er juillet 2023, cette période est de 4 mois à compter du dernier rapport sexuel avec un homme.

Auparavant, il fallait attendre 12 mois.

Concrètement, cela signifie donc qu’un homme gay sexuellement actif avec un autre homme peut toujours se retrouver temporairement exclu du don, même s’il est dans une relation stable.

Donner son sang est un geste universel de solidarité. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si l’évaluation du risque doit encore dépendre du sexe de son partenaire ou davantage du comportement individuel de chaque donneur.

Pourquoi cette règle existe-t-elle ?

La sécurité des personnes qui reçoivent une transfusion constitue évidemment la priorité.

Avant chaque don, un questionnaire médical et un entretien confidentiel permettent d’évaluer différents facteurs susceptibles de présenter un risque pour le donneur ou pour le receveur.

Le sang prélevé est ensuite analysé avant que ses différents composants puissent être utilisés.

Les critères belges concernant les HSH ont historiquement été justifiés par l’évaluation du risque de transmission d’infections par voie sanguine.

Mais les connaissances scientifiques, les techniques de dépistage et les politiques de sélection des donneurs évoluent. C’est notamment ce qui a conduit la Belgique à réduire la période d’exclusion de 12 à 4 mois.

Une évolution importante… mais le débat continue

Le passage de 12 à 4 mois représente une évolution considérable.

Il marque aussi une différence fondamentale avec l’époque où les hommes gays étaient, dans les faits, durablement écartés du don de sang lorsqu’ils avaient une vie sexuelle active.

Pour autant, le système actuel continue de faire débat.

Une autre approche consiste à évaluer davantage les pratiques et comportements sexuels individuels, indépendamment du fait que le partenaire soit un homme ou une femme.

La question n’est donc pas d’opposer la lutte contre les discriminations à la sécurité transfusionnelle.

L’enjeu est de déterminer comment garantir le niveau de sécurité le plus élevé possible tout en utilisant des critères correspondant le plus précisément possible au risque réel de chaque donneur.

Le don de sang reste indispensable

Chaque jour, des personnes accidentées, opérées ou atteintes de maladies graves ont besoin de produits sanguins.

Et les besoins restent considérables.

 

En Belgique, près de 500 000 poches sont nécessaires chaque année. Un seul don peut contribuer à aider jusqu’à trois patients.

La Croix-Rouge rappelle également que le sang humain reste aujourd’hui irremplaçable.

C’est précisément pour cette raison que les règles entourant le don de sang sont importantes : elles doivent protéger les receveurs tout en permettant au plus grand nombre possible de personnes éligibles de participer à cet effort collectif.

Et demain ?

L’histoire du don de sang des hommes gays en Belgique montre déjà que les règles ne sont pas figées.

La période d’exclusion est passée de 12 à 4 mois et les critères font l’objet d’évaluations régulières par les autorités sanitaires.

À terme, la Belgique pourrait-elle aller plus loin et abandonner un critère spécifiquement lié aux rapports sexuels entre hommes au profit d’une évaluation entièrement individualisée du risque ?

C’est une question à la fois scientifique, sanitaire et sociétale.

Pour E.G.B., elle mérite en tout cas d’être suivie et expliquée, sans minimiser ni les impératifs de sécurité transfusionnelle, ni le sentiment d’inégalité que peuvent encore ressentir certains hommes gays souhaitant simplement accomplir un geste de solidarité.

Parce que vouloir donner son sang, c’est avant tout vouloir aider quelqu’un.

 

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